Le chemin vers l'exécution de Marie-Antoinette

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Le chemin vers l'exécution de Marie-Antoinette (16 octobre 1793) _ Secrets d'histoire

 

1/ Racontez la route vers l’exécution de Marie-Antoinette.

2/ Que craignaient les révolutionnaires comme Robespierre ? Connaissez-vous ce personnage ? Qu’ont-ils mis en place ? Cela a-t-il fonctionné ?

3/ Qu’y a-t-il d’étonnant dans la marche vers la guillotine ?

4/ Expliquez les verbes : se signer et se découvrir

5/ Vers où mène-t-on Marie-Antoinette ? Que connaissez-vous de ce lieu ?

6/ Expliquez la scène devant l’échafaud avant son exécution ? Qu’en pensez-vous ?

7/ Pourquoi Marie-Antoinette est-elle une héroïne et pourquoi parle-t-on toujours d’elle deux siècles après sa mort ?

Trois femmes donnent leur point de vue, expliquez-les.


 

 

Transcription


Vers 11 heures, on l’a fait monter dans une charrette très sale. Contrairement à Louis XVI qui avait été emmené dignement à la guillotine, Marie-Antoinette est placée à l’arrière d’une carriole à la vue de tous. Pour les révolutionnaires, ce trajet long de plus d’une heure doit être l’occasion d’une dernière humiliation. Mais la réaction du peuple de Paris est inattendue.


Le silence était total. Le peuple ne l’a pas insulté et l’émotion était profonde. Robespierre en avait peur de ça. Il a demandé à un ancien acteur, qui s’appelait Grammont, de s’habiller en garde national, de monter sur un cheval et avec un sabre à la main, d’insulter continuellement Marie-Antoinette sur le trajet de l’échafaud, en disant « elle est foutue, la voilà, la garce, la salope, etc. ». Et quand elle est montée sur le Pont au Change*, les barques sur la Seine se sont arrêtées, les hommes se sont signés ou se sont découverts quand la carriole est passée.


Ces marques de respect que craigne tant Robespierre se multiplient pourtant tout au long du trajet. A midi la reine finit par arriver Place Louis XV, devenue Place de la Révolution et connu aujourd’hui sous le nom de Place de la Concorde. Sur cette même Place où Marie-Antoinette arrive triomphante en carrosse après son mariage, 

l’attendent désormais la guillotine et le bourreau Sanson.


 

 


Lorsqu’elle est sortie de la charrette, elle s’est précipitée, elle est descendue toute seule comme elle est montée et elle a couru vers l’échafaud. Et quand elle s’est précipitée sur le plateau, elle est retombée sur le pied de Sanson. Et là elle s’est excusée et lui a dit « Monsieur je m’excuse, je ne l’ai pas fait exprès ». Ça été ses dernières paroles, et à midi et quart le couteau est tombé. Elle est morte en héroïne, d’ailleurs c’est ça qui frappe l’imagination populaire. C’est pour ça qu’elle est encore après deux siècles et demi, elle est aussi célèbre que si on l’avait guillotinée avant-hier.

 

 

 

 

 



C’est un destin de tragédie. C’est un destin de tragédie antique. Marie-Antoinette a toujours eu des fans. Il y a un culte pour Marie-Antoinette qui se perpétue encore aujourd’hui et ce culte je peux le comparer à celui qu’ont eu les fans de Diana après sa mort sous le tunnel de l’Alma. On a  l’impression que les fans de Marie-Antoinette veulent, comme les fans de Diana, veulent lui redonner l’amour qu’elle n’a pas eu durant sa vie.




C’est peut-être une manière aussi de se racheter par rapport à une figure qu’on a ignorée, méprisée, qu’on a finalement cataloguée avec des étiquettes : Madame déficit, elle était dépensière, elle trompait le roi etc. on veut gommer toutes ses images et dire mais après-tout c’était une reine qui était peut-être une femme comme une autre et qui n’a pas eu la vie qu’elle méritait et qu’aurions-nous fait à sa place ?        

                                           

Notre raison aussi qui explique la fascination qu’exerce Marie-Antoinette sur nous, c’est que le souvenir de Marie-Antoinette est attaché pour nous à un lieu. On voit le petit Trianon, on voit la laiterie*, on voit le petit lac qu’elle avait fait creuser, enfin elle est là. Et je pense que cette présence contribue énormément à attacher nos contemporains à elle. 

 

Marie-Antoinette n’en finit pas de fasciner, c’est la seule reine de France universellement connue. Son nom évoque à lui seul les fastes de Versailles, les vertiges de la jeunesse et de la beauté. Sa volonté farouche de liberté et sa dignité dans les épreuves ont fait d’elle une héroïne qui deux siècles après sa mort hante toujours les couloirs de Versailles et de sa résidence privée, le petit Trianon.

 

 

*Le pont au Change est un pont parisien sur la Seine. Il relie l'île de la Cité depuis le palais de Justice et la Conciergerie, à la rive droite au niveau du théâtre du Châtelet. Il se situe sur la limite entre les Ier et IVe arrondissements de Paris.


pt change-1639 Le Pont au Change en 1639


Pont Change Le Pont au Change aujourd'hui

 

* La laiterie

Marie-Antoinette confie à son architecte Richard Mique la réalisation d’un Hameau rustique, très à la mode en ce dernier quart du XVIIIe siècle. Ce petit village de douze maisons de style normand aux intérieurs soignés s’organise autour d'un lac et est complété d'une petite exploitation agricole où l'on cultivait, labourait, pêchait, etc… "Le plaisir de parcourir toutes ces fabriques du hameau, de voir traire les vaches, pêcher dans le lac, enchantait la Reine", écrivait alors Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette. La Laiterie de propreté, l’une des douze « fabriques » du Hameau, servait à la Reine de lieu de dégustation des produits de sa ferme.


2978832159 860a92b041 Domaine de Marie-Antoinette à Versailles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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